L'Open Internet Project demande le démantèlement de Google
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L’Open Internet Project demande le démantèlement de Google

Article de Nil Sanyas pour nextinpact.com – Estimant que les concessions faites par Google à la Commission européenne sont insuffisantes, des sites internet français et allemands ont créé il y a quelques semaines l’Open Internet Project. Leur souhait ? Voir Google se diviser, avec ses activités de moteur de recherche d’un côté et ses différents services de l’autre. Une conférence aura lieu à Paris le 15 mai prochain en compagnie des initiateurs du projet, de juristes et de quelques personnalités dont l’économiste Pascal Perri et peut-être le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg.

La guerre entre Google et certains de ses concurrents est loin d’être terminée. En février dernier, nous avions appris que Google avait décidé de mettre en avant trois services rivaux pour chaque promotion de ses propres services sur son moteur de recherche. Une proposition qui semble avoir plu à la Commission européenne et à Joaquin Almunia, (le commissaire européen à la Concurrence), mais beaucoup moins à certains sites internet. La BEUC, qui regroupe les associations de défense des consommateurs en Europe, avait notamment déclaré en début d’année que la Commission avait « raté, de loin, l’objectif d’assurer un choix juste pour les consommateurs ».

Quand Google s’en prend à Google

Kostas Rossoglou, juriste pour la BEUC, sera justement présent le jeudi 15 mai prochain pour présenter l’Open Internet Project. Si la liste complète des membres de ce groupe n’est pas encore connue, nous savons à l’heure actuelle que le géant Allemand Axel Springer, qui détient AuFeminin.com, en fait partie, tout comme le groupe CCM Benchmark (Comment ça Marche, Journal du Net, etc.), Lagardère Active (Doctissimo, LeGuide, Premiere.fr, JDD, etc.) et le Geste. Ce dernier est composé de nombreux groupes et médias, tels que Deezer, 20 Minutes, Yahoo, Microsoft, Skyrock, Radio France, M6 Web (Cyrealis-Clubic), Le Figaro, L’Équipe, l’Opinion, E TF1, RTL, Cup Interactive (ZDNet), Bwin, mais aussi Orange, Bouygues Telecom et… Google.

Le Geste, qui compte donc Google parmi ses membres, fait parti de l’Open Internet Project, groupe créé spécialement pour lutter contre le moteur de recherche, sa mainmise sur le marché et ses conflits d’intérêts. Contactée, l’organisation nous a à la fois confirmé qu’elle faisait partie du projet et que la branche française du moteur américain était toujours membre. Il nous a ainsi été expliqué que même si Google est présente dans le Geste, des désaccords entre membres peuvent avoir lieu. Le choix d’adhérer à l’Open Internet Project est une décision de la direction de l’organisation. La situation n’en reste pas moins cocasse. Nous n’avons pu contacter Google pour avoir son avis sur la question.

« Démanteler les services de Google »

Concrètement, que reprochent les membres de l’Open Internet Project à l’Américain et que demandent-ils ? Dans un manifeste, ils affirment que Google, du fait de sa part de marché gigantesque en Europe (plus de 90 %), abuse de sa position dominante et qu’il avantage ses propres services aux dépens de la concurrence. Les négociations avec la Commission européenne étant un échec à leurs yeux, les membres de l’Open Internet Project estiment donc que la seule solution viable pour éviter tout conflit d’intérêts est d’imposer une neutralité totale. Et pour cela, scinder en deux la société est indispensable.

« La clé d’une solution est une réforme structurelle profonde qui éliminera tout motif pour Google de vouloir discriminer ses concurrents. Par conséquent, le Secteur digital européen demande aux gouvernements européens de démanteler les services de Google afin d’empêcher durablement ses comportements discriminatoires les plus caractérisés. » En sus de ce démantèlement, il est demandé de créer une structure indépendante afin de s’assurer que Google, en tant que moteur de recherche, aura un traitement égal entre tous les services mis en avant.

La division d’une entreprise trop importante dans un secteur n’est pas une nouveauté en soi. Microsoft a été proche d’une telle situation il y a une quinzaine d’années. En plein débat sur sa position dominante dans le marché des systèmes d’exploitation et ses éventuels abus, le juge américain Thomas Penfield Jackson avait notamment ordonné que la firme de Redmond soit divisée en deux, avec d’un côté son activité OS et de l’autre ses différents services. Un accord à l’amiable a finalement été trouvé en 2001 avec le Département de la Justice, empêchant donc la séparation. En France, les cas d’Orange (France Télécom) et de TF1 (vis-à-vis de la publicité) ont aussi été cités ces dernières années, sans suite pour le moment.

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