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L’Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre Bellanger

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique

L’Internet renouvelle les jeux nationaux souvent fermés et tenus par des acteurs installés. Il échappe aux collusions asphyxiantes et fissure jusqu’à les faire exploser les petits oligopoles protégés. Partout, il éveille casse les verrous et se joue des censures. Ouvert, sans autorisation ni droit d’entrée, sans capital ni pedigree, le réseau éveille les initiatives, les opinions, les idées, les entreprises et les expérimentations. Il apporte des solutions nouvelles qui améliorent le quotidien du grand nombre. Il fonde une conversation entre tous qui émancipe la société et ajoute au débat démocratique. Il est un des rares nouveaux contre-pouvoirs qui donnent une chance aux entrants par rapport aux intérêts en place. Les excès, les dangers, les erreurs et même sa capacité à reconfigurer dans la tourmente des industries entières ne doivent pas remettre en cause son extraordinaire utilité sociale.

C’est pourquoi cette source de changement permanent doit être préservée et défendue même si elle dérange et contrarie. L’économie de marché agit de la même manière en préservant la concurrence, le choix et la diversité des acteurs. La liberté de la presse répond de la même exigence. Mais cette vitalité créatrice et stimulante du réseau doit être employée à renforcer notre souveraineté, non pas à la saper.

L'Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre BellangerActuellement a lieu un transfert de souveraineté, de maîtrise de notre destin numérique, massif et silencieux. Peut-on l’accepter dès lors qu’on en prend conscience ? C’est non seulement un enjeu de vie privée pour des millions de personnes, mais aussi de compétitivité économique et de sécurité nationale pour tous. Les transferts de souveraineté sont souvent révélés trop tard. Prenons quelques signes avant-coureurs apparus dès 2011 : la mobilisation des systèmes de paiement, des réseaux sociaux et services de télécommunication privés contre Wikileaks ou le collectif des Anonymous, ou bien encore pour traquer les émeutiers de Londres. Soudain leurs transactions, leurs communications, leurs échanges furent interrompus, mais aussi analysés, recherchés. Il n’était pas acceptable que de telles actions – si nécessaires soient-elles dans certains cas – s’opèrent hors de la seule autorité judiciaire.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014. Source : numerikablog.blogspot.fr

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