Réseaux sociaux

Influence américaine et soumission européenne (1/2), par Pierre Bellanger

Souveraineté numériqueL’Europe et ses intelligentsias ont pris pour habitude d’adopter prestement tout ce qui venait des États-Unis. Tout ce qui finit par ing fait l’objet d’une adulation immédiate. Il semblerait cependant que l’on ait un peu de mal avec le seul ing qui compte : le thinking. Lorsque la manipulation venue d’Amérique – qui frappe aussi leurs propres citoyens – invite à croire que la vie privée n’est plus à la mode et que le top de la hype est le dévoilement de soi dans une publication effrénée et sans pudeur… nous y cédons en masse, chacun de peur de ne plus être en phase avec la modernité ambiante. Sur Facebook, la vie privée est une option, découpée en plus d’une centaine de critères qui varient de mise à jour en mise à jour. Il faut être ingénieur système pour en maîtriser l’arborescence volatile ; c’est pourquoi, comme le souhaitent les initiateurs du service, c’est la configuration par défaut, elle aussi changeante, qui est majoritairement conservée. Au lieu de partir du secret absolu comme réglage de base, que l’utilisateur pourra ouvrir à sa façon, c’est l’inverse, il faut accomplir toutes sortes d’efforts pour se protéger. Et chaque évolution du service conduit à plus de dévoilement forcé. Le petit f, que l’on voit encore partout, signifie-t-il autre chose que flicage ? L’ahurissante naïveté de la fraternelle des pigeons incrits de bon cœur sur ces réseaux sociaux américains est consternante. Elle a pour équivalent la candeur des fumeurs de tabac dans les années 60.

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