“La mondialisation a dévasté nos classes populaires. L’internet va dévorer nos classes moyennes.” C’est la thèse défendue par Pierre Bellanger, fondateur et PDG de Skyrock, dans son livre «La souveraineté numérique». Un ouvrage qui dénonce, en particulier, l’accaparement de nos données personnelles par une poignée de géants américains du net. Pierre Bellanger est notre invité cette semaine pour partager son analyse et détailler les solutions qu’il propose.

Si vous nous suivez régulièrement, vous avez probablement perçu une certaine note de pessimisme chez nos invités depuis quelques mois. Une inquiétude qui se traduit également dans l’actualité avec, tout récemment, la possibilité pour les Européens de faire valoir leur droit à l’oubli sur le moteur de recherche Google.

Le désenchantement numérique fait entendre sa voix de plus en plus fort et ce qui est le plus inquiétant, c’est que ses porte-parole sont, pour la plupart, de grands enthousiastes de l’Internet. Parmi eux, Pierre Bellanger. A ses yeux, la liberté dépend désormais de la reconquête de «notre» souveraineté numérique.

Qui menace cette souveraineté ? Et comment pouvons-nous la reconquérir ?

Suite : atelier.rfi.fr

Pierre Bellanger sur le cloud
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Pierre Bellanger sur le cloud

L’accès à une ressource informatique distante pour accomplir une tâche porte le nom de télématique, quoi qu’il lui soit préféré actuellement le terme anglais de cloud qui signifie nuage puisque l’échange a lieu avec des machines lointaines et inconnues. Comme les miracles qui eurent lieu autour du tombeau de Saint-Cloud au VIè siècle, le nuage accomplit des prodiges. Il se substitue aux logiciels, aux processeurs aux mémoires, aux sauvegardes. Il fait de même avec tous les terminaux mobiles dont il devient l’indispensable complément. Le nuage est la clef du miniréseau personnel de machines de chacun.

Il ne s’agit que d’une illusion, l’utilisateur dispose de plusieurs écrans et appareils mais il est toujours connecté au même nuage. Sauf que cette machine distante ne sera plus la sienne. Pour les personnes, les foyers, les entreprises, le nuage est une révolution positive, un confort, une économie et un gain de productivité majeurs. Selon l’institut d’études IDC, les dépenses consacrées au nuage approcheront les 75 milliards d’euros en 2016. En 2013, il y avait déjà huit exabits de données dans le nuage, soit 8 milliards de millions de mégabits.

Rien n’arrêtera ce partage, il est consubstantiel au réseau. Sur le réseau, tout ce qui est ici est ailleurs, et tout est maintenant. Les résogiciels seront tôt ou tard les premiers acteurs du nuage. Ils avaient un contrôle virtuel de nos intelligences numériques, ils en auront désormais le contrôle physique. Le support même de l’information et de son traitement leur appartiendra. L’accès à nos propres données sera sous leur contrôle.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014.

Source : jeanpierremaille.wordpress.com

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L’Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre Bellanger

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique

L’Internet renouvelle les jeux nationaux souvent fermés et tenus par des acteurs installés. Il échappe aux collusions asphyxiantes et fissure jusqu’à les faire exploser les petits oligopoles protégés. Partout, il éveille casse les verrous et se joue des censures. Ouvert, sans autorisation ni droit d’entrée, sans capital ni pedigree, le réseau éveille les initiatives, les opinions, les idées, les entreprises et les expérimentations. Il apporte des solutions nouvelles qui améliorent le quotidien du grand nombre. Il fonde une conversation entre tous qui émancipe la société et ajoute au débat démocratique. Il est un des rares nouveaux contre-pouvoirs qui donnent une chance aux entrants par rapport aux intérêts en place. Les excès, les dangers, les erreurs et même sa capacité à reconfigurer dans la tourmente des industries entières ne doivent pas remettre en cause son extraordinaire utilité sociale.

C’est pourquoi cette source de changement permanent doit être préservée et défendue même si elle dérange et contrarie. L’économie de marché agit de la même manière en préservant la concurrence, le choix et la diversité des acteurs. La liberté de la presse répond de la même exigence. Mais cette vitalité créatrice et stimulante du réseau doit être employée à renforcer notre souveraineté, non pas à la saper.

L'Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre BellangerActuellement a lieu un transfert de souveraineté, de maîtrise de notre destin numérique, massif et silencieux. Peut-on l’accepter dès lors qu’on en prend conscience ? C’est non seulement un enjeu de vie privée pour des millions de personnes, mais aussi de compétitivité économique et de sécurité nationale pour tous. Les transferts de souveraineté sont souvent révélés trop tard. Prenons quelques signes avant-coureurs apparus dès 2011 : la mobilisation des systèmes de paiement, des réseaux sociaux et services de télécommunication privés contre Wikileaks ou le collectif des Anonymous, ou bien encore pour traquer les émeutiers de Londres. Soudain leurs transactions, leurs communications, leurs échanges furent interrompus, mais aussi analysés, recherchés. Il n’était pas acceptable que de telles actions – si nécessaires soient-elles dans certains cas – s’opèrent hors de la seule autorité judiciaire.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014. Source : numerikablog.blogspot.fr

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