Pierre Bellanger, président fondateur de Skyrock, auteur de “La souveraineté numérique”, dénonce la perte de souveraineté de la France au profit de sociétés américaines qui s’assurent ainsi une mainmise sur l’économie du futur.

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Internet et la mondialisation, par Pierre Bellanger

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique

Pour un pays avancé, l’Internet et la mise en réseau de son industrie sont la seule réponse viable à la mondialisation. En effet, il faut considérer la mondialisation comme un réseau en soi. Une nation avancée, ou un groupe de nations, parce qu’elles forment ensemble un réseau plus efficace et plus rapide, peuvent dès lors prospérer par la mondialisation plutôt que de s’y appauvrir du fait du rééquilibrage global des niveaux de vie. Les gains de productivité, pour les salariés et les entreprises, sont tels qu’ils changent la donne.

Encore faut-il maîtriser cette mise en réseau. Et ne pas la laisser à des résogiciels exogènes qui ne feront que transférer ailleurs la valeur encore subsistante ici. Plus un secteur économique fonde sa valeur sur l’information et son traitement, plus il est vulnérable au déplacement de cette valeur vers le résogiciel. Le secteur primaire d’extraction des ressources (agriculture, pêche…) est le moins directement menacé. Le problème se pose dès le secteur secondaire (tous les métiers de fabrication et de transformation de la matière : de l’aéronautique à la production d’énergie). Le secteur tertiaire est attaqué encore plus directement. L’Internet automatise les services. Certains de ses services étant rétrogradés à l’état de prestataires interchangeables ou tout simplement substitués.

(…)

Nous traversons depuis 2008 une crise bancaire et financière qui a ébranlé nos économies et en a effondré certaines. Le choc fut tel et les remèdes si douloureux que tous nos efforts et notre attention se sont focalisés sur ce drame collectif. La traversée de cette épreuve au quotidien a été notre seule obsession et notre principale grille de lecture. C’est à cette dépression que nous avons attribué tous nos maux et, par conséquent, nous avons formé l’espoir de les voir disparaître une fois sortis d’affaire. C’est une erreur. La récession a masqué des causes plus profondes, des mutations plus graves qui aujourd’hui montent en puissance et fondent l’atypisme de la sortie de crise actuelle.

Pourquoi l’emploi ne redémarre-t-il pas avec la vigueur d’autrefois lorsque s’achevait une tourmente ? Pourquoi rien ne semble vouloir arrêter l’évidement progressif de la classe moyenne s’érodant majoritairement dans la précarité, et même la pauvreté, tandis que seuls quelques uns s’échappent par le haut ? (…) La réponse est claire. Il ne s’agit pas seulement du coût du travail des pays émergents – d’ailleurs en augmentation -, il s’agit également de la compétition accrue des machines, de l’automatisation des algorithmes. L’Internet, et les résogiciels qui en sont les écosystèmes combattants, vont bouleverser nos services, notre industrie, notre administration et notre société tout entière.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014. Source : jeanpierremaille.wordpress.com

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L’Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre Bellanger

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique

L’Internet renouvelle les jeux nationaux souvent fermés et tenus par des acteurs installés. Il échappe aux collusions asphyxiantes et fissure jusqu’à les faire exploser les petits oligopoles protégés. Partout, il éveille casse les verrous et se joue des censures. Ouvert, sans autorisation ni droit d’entrée, sans capital ni pedigree, le réseau éveille les initiatives, les opinions, les idées, les entreprises et les expérimentations. Il apporte des solutions nouvelles qui améliorent le quotidien du grand nombre. Il fonde une conversation entre tous qui émancipe la société et ajoute au débat démocratique. Il est un des rares nouveaux contre-pouvoirs qui donnent une chance aux entrants par rapport aux intérêts en place. Les excès, les dangers, les erreurs et même sa capacité à reconfigurer dans la tourmente des industries entières ne doivent pas remettre en cause son extraordinaire utilité sociale.

C’est pourquoi cette source de changement permanent doit être préservée et défendue même si elle dérange et contrarie. L’économie de marché agit de la même manière en préservant la concurrence, le choix et la diversité des acteurs. La liberté de la presse répond de la même exigence. Mais cette vitalité créatrice et stimulante du réseau doit être employée à renforcer notre souveraineté, non pas à la saper.

L'Internet renouvelle les jeux nationaux, par Pierre BellangerActuellement a lieu un transfert de souveraineté, de maîtrise de notre destin numérique, massif et silencieux. Peut-on l’accepter dès lors qu’on en prend conscience ? C’est non seulement un enjeu de vie privée pour des millions de personnes, mais aussi de compétitivité économique et de sécurité nationale pour tous. Les transferts de souveraineté sont souvent révélés trop tard. Prenons quelques signes avant-coureurs apparus dès 2011 : la mobilisation des systèmes de paiement, des réseaux sociaux et services de télécommunication privés contre Wikileaks ou le collectif des Anonymous, ou bien encore pour traquer les émeutiers de Londres. Soudain leurs transactions, leurs communications, leurs échanges furent interrompus, mais aussi analysés, recherchés. Il n’était pas acceptable que de telles actions – si nécessaires soient-elles dans certains cas – s’opèrent hors de la seule autorité judiciaire.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014. Source : numerikablog.blogspot.fr

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Souveraineté numérique : la neutralité du Net en question

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique

Le débat sur la « neutralité du Net », c’est-à-dire l’obligation de véhiculer sans différenciation toute information transmise sur le réseau, est aussi un sujet de souveraineté. Il est probable que les grands acteurs des services Internet la défendront tant que leur pouvoir ne sera pas assuré, pour ensuite l’abandonner afin d’asseoir leur domination, car désormais seuls capables financièrement de faire discriminer positivement leurs services pour obtenir le meilleur débit. Demain, si le contrôle de nos infrastructures est perdu, les services des nouveaux propriétaires des réseaux seront privilégiés au détriment des autres, comme c’est déjà le cas sur les moteurs de recherche. La neutralité au niveau mondial se détermine par un rapport de force conjuguant marchés et réseaux : vos services seront bien traités chez nous si les nôtres sont bien traités chez vous. Et à chacun de s’y accorder ou non, en fonction de son préjudice potentiel. Un conseil : soyez le plus gros possible.

Numériquement incorrect selon les critères anglo-saxons

Numériquement incorrect selon les critères anglo-saxons

Demain, sur une plateforme de vente, la censure peut faire disparaître des éléments de notre culture, de notre art de vivre ou de notre diversité d’expression. Nous sommes habitués à la sexophobie anglo-saxonne et à leur promotion de la violence comme forme majeure de divertissement. Nous adoptons d’ailleurs progressivement, sans nous en rendre vraiment compte, leurs réserves et leurs tolérances. Le réseau social Facebook a maintenu en ligne plusieurs semaines la vidéo de la décapitation d’une femme mexicaine jusqu’à l’intervention du Premier ministre britannique, tandis qu’il a éliminé une reproduction du tableau de Gustave Courbet de 1866, un nu féminin dénommé fort justement : L’Origine du monde.

Pierre Bellanger, La souveraineté numérique. Stock janvier 2014. Source : jeanpierremaille.wordpress.com

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Tout devient progressivement connecté au réseau, le volume des données connectées augmentent de manière exponentielle et ces données constituent aujourd’hui la richesse numérique. Une richesse captée par une poignée d’entreprises américaines. C’est le constat implacable de l’ouvrage de Pierre Bellanger, fondateur et PDG de Skyrock, “La souveraineté numérique” (Editions Stock).

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La France sacrifie sa souveraineté numérique (Pierre Bellanger)

“L’époque est magique mais tragique. Notre pays a livré sa souveraineté numérique sans débat et sans combat. C’est une catastrophe”, écrit Pierre Bellanger. Depuis plusieurs années, le créateur de Skyrock prend la parole sur le thème de la “souveraineté numérique”. Selon lui, “la France fait partie des premiers exportateurs mondiaux de vie privée”. Quelle alternative ? L’auteur évoque une situation d’urgence avant de conclure “le réseau est notre chance”. La suite : franceinfo.fr

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L'Open Internet Project demande le démantèlement de Google
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L’Open Internet Project demande le démantèlement de Google

Article de Nil Sanyas pour nextinpact.com – Estimant que les concessions faites par Google à la Commission européenne sont insuffisantes, des sites internet français et allemands ont créé il y a quelques semaines l’Open Internet Project. Leur souhait ? Voir Google se diviser, avec ses activités de moteur de recherche d’un côté et ses différents services de l’autre. Une conférence aura lieu à Paris le 15 mai prochain en compagnie des initiateurs du projet, de juristes et de quelques personnalités dont l’économiste Pascal Perri et peut-être le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg.

La guerre entre Google et certains de ses concurrents est loin d’être terminée. En février dernier, nous avions appris que Google avait décidé de mettre en avant trois services rivaux pour chaque promotion de ses propres services sur son moteur de recherche. Une proposition qui semble avoir plu à la Commission européenne et à Joaquin Almunia, (le commissaire européen à la Concurrence), mais beaucoup moins à certains sites internet. La BEUC, qui regroupe les associations de défense des consommateurs en Europe, avait notamment déclaré en début d’année que la Commission avait « raté, de loin, l’objectif d’assurer un choix juste pour les consommateurs ».

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